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Hommage à ma mère
Marquée par ce rejet, elle décidera très tôt de parler français mieux que tout le monde. De là naîtra chez elle un art de la plume qui l’amènera dans le sillage de ses amis de toujours qui furent notamment Jacques Prévert (celui-ci lui consacrant un poème) et Maurice Carême.
La Chine, où le destin donnera rendez-vous à la jeune femme en la mettant sur le chemin du Père Teilhard de Chardin, le célèbre théologien et savant français qui a marqué la fin du siècle par sa pensée sur le « Phénomène Humain » . De retour en Belgique en 1947, Dominique de Wespin travaillera aux Nations Unies, et à la Libre Belgique où elle signera des articles politiques sous un nom d’homme, Georges Magloire. Parce que, à cette époque, il était exclu qu’une femme participât à la rédaction du journal en dehors de la page féminine… Ignorant ce subterfuge, son journal l’enverra sur le front du premier conflit israélo-arabe dont elle rapportera des témoignages poignants sur la situation des Palestiniens. Elle collaborera ensuite durant des années au journal Le Phare.
Douée d’un sens aigu de l’entregent, personnalité hors du commun, toujours à l’affût de rencontres captivantes, n’hésitant jamais à ouvrir toutes les portes, jusqu’au bout de sa vie Dominique de Wespin aura appliqué la pensée chère à Teilhard de Chardin pour qui le meilleur finit toujours par arriver lorsque l’on ose entreprendre. "Partie rejoindre tous ceux qui l'attendaient" comme elle le répétait depuis des années, ma mère s'est endormie paisiblement le 16 avril 2002, nous laissant le plus beau des héritages...
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